Le souffre des Dieux

Faculté de Génie de l’Université de Sherbrooke.

Bois, cuir, babiche, câbles de nylon, acier, fonte, bronze-cuivre, béton armé et maçonnerie, feuille d’or.

Environ 500 x 400 x 650 cm.

Le travail de ferronnerie a été réalisé par FOL art public

Une multitude de points de vue allaient être possibles vers l’œuvre d’art, voilà mon premier constat au moment de réfléchir à ce que j’allais faire sur ce site. Comme il est naturel d’envisager la recherche scientifique sous une multitude d’angles, soit par exemple de défi personnel ou de motivations philanthropiques, d’ouvertures sur des marchés ou d’émerveillement naturaliste, chaque postulat, chaque moment de recherche renferme sa part de mystères et de ramifications.

Cet atrium très étroit ne permettant aucun recul appréciable, l’œuvre y apparaît comme une recherche en plusieurs temps qu’on ne saisit pas d’emblée mais plutôt d’aventure en aventure, errant de poésies visuelles en stratégies rutilantes. Quelque part où s’abandonner.

Mes travaux des années 1990 essayaient souvent de lier la machine à la recherche du bonheur. Il semble qu’un passage entre science et poésie se fait plus puissant lorsqu’il se confond dans un fou rire, laissant voir comment l’un et l’autre se chevauchent et sont sans limites. L’un et l’autre nous accueillent en leur sein pour qu’on s’y abandonne. Jusqu’à s’y perdre et se retrouver, dans l’ordre et le désordre.

J’allais assouvir mes envies de bricolage. Aussi j’avais l’intuition qu’une grande machine léonardesque arriverait à tenir un propos à la fois ludique et savant sur la recherche du bonheur, à travers un labeur manifeste et même un peu saoulant mais aussi, et surtout, une finalité totalement décalée.

Photo: Ivan Binet

Ainsi la grande construction pivotante reste à l’affût de tout indice venu du grand monde passant au travers des vitres, lequel la fera partir en rotation. Une métadonnée peut-être? Une page perdue dans le cours des choses? Ce mouvement de rotation sera recyclé pour produire un souffle qu’on dira porteur d’un certain quelque chose, lequel se perdra dans un long conduit jusqu’au moment d’être déchiffré et communiqué via un autre instrument… Ainsi, les dieux sont tristes aujourd’hui. On reviendra voir demain.

Autour de l’atrium, on pourra parcourir les étages et les points de vue à la recherche d’une fuite où le précieux indice du monde se serait partiellement échappé, contaminant d’autant les recherches qui restent encore à faire. On pourra s’activer à imaginer quel autre enseignement pourrait être tiré du riche influx, aujourd’hui même ou par les générations qui suivront. Il est difficile de saisir les desseins tapis dans l’univers et chaque ombre d’indice porte en elle avancées et reculs.

Comme une faute de frappe, Le Souffre des dieux est un titre qui évoque pêle-mêle le souffle et le souffre.

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