J’aime l’idée qu’une sculpture se présente comme une machine qui s’est faite elle-même, en quelque sorte. Mais qu’est-ce que cela veut dire? Une première expérience s’était développée en 2016 à partir d’un simple point tracé sur le plancher de l’atelier. Plantés dessus comme des compas, les composantes en forme de T se sont accumulées dans le pourtour, jusqu’à tracer un dôme.

Un deuxième déploiement allait advenir plus tard mais dans la direction contraire. Désormais, le point focal ne se trouvait plus dessiné par terre mais loin dans les airs, au bout d’un axe de référence solidement fiché dans un assemblage à tenon et mortaise. À pointer à répétition le même sommet, les composantes en forme de T s’ajustaient les unes aux autres en contrebas, tout comme dans la première sculpture mais la tête en bas. Un système de pattes s’est graduellement développé pour maintenir la construction ventrue, toujours plus lourde. Ces pattes s’installaient dans les mêmes mortaises, mais en passant par l’autre côté. D’un rayon de quatre pieds, la sphère est encore là mais en négatif.

Quelques-uns de ces axes se rejoignant dans les airs auraient pu rester en place, cela pourrait encore arriver si la sculpture devait être présentée à nouveau.

Bois, résine d’époxy. 161 (h) x 202 x 275 cm.
Photo: Isabelle Houde
